Description
Présentation
Varité
S’interroger sur ce qu’est l’acte – avec toute la polysémie qu’a ce terme dans le champ psychanalytique – prend une tournure singulière aujourd’hui, et particulièrement cette année. L’actualité politique met au jour la volonté renouvelée de faire disparaître toute trace de la psychanalyse dans les institutions publiques, cela aussi bien pour les professionnels qui y travaillent que pour ceux qui y sont accueillis.
Que le sujet de l’inconscient soit laissé de côté n’est pas nouveau, et ce même au sein du mouvement analytique. Cela provient de la blessure narcissique infligée par la découverte de Freud qui tient à l’ingérence de l’inconscient dans le moi et au réel que cerne la psychanalyse lacanienne. Dès 1956, dans « Situation de la psychanalyse et formation du psychanalyste », Lacan s’oppose aux cliniciens qui s’évertuent à panser le moi. En 1967, il réouvre la plaie en proposant la passe et en élaborant un concept au fil d’un Séminaire qui en porte le nom : L’Acte psychanalytique. Au lieu de suturer le moi, Lacan affirme que l’acte analytique consiste en premier lieu à poser l’acte de l’inconscient. Cet ouvrage en décline les conséquences sur la praxis.
Lorsque ce préalable fait défaut, quand il n’y a pas d’accueil à ce qui se joue sur la scène inconsciente, alors d’autres formes d’actes peuvent prendre le relai : l’acting out où persiste une adresse à l’Autre, ou le passage à l’acte qui s’en exonère faisant ainsi coupure avec l’Autre et que l’on retrouve régulièrement à la une des médias.
Les travaux de cette année font mentir ceux qui nient l’efficacité de la psychanalyse. Leurs auteurs mettent en valeur le caractère pleinement opératoire des différentes acceptions freudiennes et lacaniennes de l’acte dans la clinique, à commencer par celle des institutions. L’acte est avant tout un dire, impliquant un franchissement signifiant, marquant un avant et un après – qu’il se dise en institution n’en diminue pas sa portée pour le sujet. Les actes publiés ici entérinent combien la psychanalyse peut être un poumon artificiel pour nos institutions.
Lisa Toullec
SOMMAIRE
ARGUMENT
5 — Quel est ton acte ? — Michèle Le Masson Maulavé
ACTING OUT ET PASSAGE À L’ACTE
9 — Une adresse à l’autre, l’acting out — Antoine Launay, Chloé Le Faucheur,
Inda Methnani & Cécile Wojnarowski
13 — Récupérer le sujet en voie de disparation dans son acte — Éric Taillandier
19 — Fonctions libératrice et sacrificielle du meurtre immotivé pour le sujet
psychotique — Jean-Claude Maleval
L’ACTE ANALYTIQUE
37 — L’acte analytique, réponse au passage à l’acte ? — Hélène Girard
47 — L’acte est un commencement — Thomas Kusmierzyk
55 — Être analyste est une leçon d’humilité — Marion Le Perff-Trémel
L’EFFET SUJET
59 — L’acte de la coupure — Omaïra Meseguer
67 — Du doute à la certitude, Anatomie d’un acte — Laetitia Belle





